Jeunes et les médias : un jeu de je t’aime, moi non plus.

4 Oct

Les jeunes sont souvent stigmatisés par la presse. « On les cantonne souvent à des sujets lorsque l’on parle d’eux : les jeunes et la sexualité, les jeunes et la drogue, etc… » précise Eric Valmir, journaliste à France Inter. Peu présents lorsqu’il s’agit d’autres questions de société, de politique ou d’économie, les jeunes se sentent mis à l’écart par le monde médiatique. Ils entretiennent une relation d’amour-haine avec la presse. Cela se traduit avant tout en termes de lectorat. « Regardons le lectorat de l’Humanité, 60 ans. Celui de Libé : 50 ans », pointe du doigt Patrick Apel-Muller, rédacteur en chef de l’Humanité. Le lectorat vieillit et il est difficile d’intéresser les jeunes à la presse.

Partant de ce constat, plusieurs journalistes ont décidé de mener différents projets pour donner la parole à ces jeunes délaissés par le traitement médiatique. Eric Valmir a mis en place un projet d’émission politique durant l’élection présidentielle sur France Inter : « Les jeunes dans la présidentielle ». « J’ai cherché 30 jeunes avec différents profils. Je suis allé à la fois a Pôle Emploi, au Secours Populaire, en passant par les réseaux sociaux pour les trouver. Le but : avoir des jeunes venant de différents horizons, qui s’appellent à la fois Abdel ou Jean, et qui sachent parler au nom des jeunes » explique Eric Valmir. Pendant plusieurs semaines, par groupes de trois, ils interviewaient des politiques mais aussi des personnalités de la société civile sans pour autant se prendre pour un journaliste. « Le risque était de faire à la manière de… » intervient Alexandre, participant au projet. « Il fallait que ce soit nos questions, celles que l’on se pose nous les jeunes mais qu’aucun journaliste ne prend la peine de poser à notre place ». Cette expérience a eu un réel succès d’audience à France Inter.

Les limites de ces projets

A l’instar du Bondy Blog ou du Libre-échange dans l’Humanité qui choisissent d’associer les jeunes à leur traitement éditorial, différentes pistes ont été creusées pour faire participer les jeunes à la vie médiatique sans pour autant leur donner des codes ou les formater. Cependant, ces projets coûtent cher. Déplacements et investissements matériel auxquels s’ajoutent aux frais de la rédaction. « Pendant l’expérience avec les jeunes, durant la présidentielle, je me transformais surtout en régisseur de taxi. J’appelais une dizaine de taxis pour qu’ils aillent chercher les jeunes » ironise Eric Valmir

Les rédactions à l’initiative des projets doivent également donner plus de temps à ces jeunes qui ne connaissent pas la méthodologie journalistique pour que puisse naitre les émissions ou reportages. « Pour nous, la méthodologie, c’est le temps », explique Edouard Zambeaux du Bondy Blog. Mais c’est bien connu, le temps c’est aussi de l’argent, surtout dans le journalisme.
Malgré tout, ces projets redorent parfois l’image de médias vieillissants. Ils offrent aux jeunes la possibilité de se faire une autre opinion des médias. Les éditeurs l’ont bien compris et cherchent à multiplier les projets. Quitte parfois à se servir de ce créneau comme d’une opportunité.

Hortense Reberat

Leave a Reply

Fill in your details below or click an icon to log in:

WordPress.com Logo

You are commenting using your WordPress.com account. Log Out / Change )

Twitter picture

You are commenting using your Twitter account. Log Out / Change )

Facebook photo

You are commenting using your Facebook account. Log Out / Change )

Google+ photo

You are commenting using your Google+ account. Log Out / Change )

Connecting to %s

%d bloggers like this: