Déontologie : un débat permanent mais qui reste inabouti

4 Oct

A chaque rassemblement de journalistes et acteurs des médias, la déontologie et l’indépendance sont au centre des débats. Mais comme le remarque Jérôme Bouvier, « depuis des années on essaye de trouver des solutions, or le bilan n’est pas très positif. On avance, mais aucuns marqueurs forts ne se mettent en place». Des débats tels que celui organisé aux Assises sont donc essentiels afin de proposer des outils et solutions sur lesquels l’ensemble de la profession s’accorderait.

 

Un constat pessimiste

Pour François Malye, président de la Société Des Journalistes du Point, il est urgent de renforcer les règles éthiques. Selon lui, la crise économique est la raison pour laquelle il est difficile de parler déontologie aux patrons car ils ne s’intéressent qu’aux chiffres. « Ils ne sont pas contre l’éthique, mais ont d’autres problèmes à traiter. » Pour Dominique Pradalié, secrétaire nationale du SNJ, il est nécessaire de  rééquilibrer les pouvoirs au sein d’une rédaction ou l’information perdra de son importance.
Aujourd’hui, le divorce entre média et public s’aggrave chaque jour un peu plus. Comme l’explique Yves Agnès, la profession de journalisme connait un malaise grave « nous sommes décrédibilisés par la population » si la qualité de l’info est mauvaise, le débat public le sera également. Mais « le public a le droit à un débat démocratique de qualité ».
Le discours de Denis Ruellan en fait réagir plus d’un. Selon cet enseignant-chercheur à l’Université-Rennes 1, la déontologie fait partie de l’identité du journaliste mais elle ne peut pas être chose qu’un discours. «  Si on veut passer à un niveau pratique, il faut avoir conscience que cela implique des dispositions qu’on n’a pas ». Néanmoins, discuter de la déontologie est un moyen, une force qu’il faut maintenir.
Sur ce point Patrick Eveno est en désaccord. Cet historien des médias est le trésorier de l’Observatoire de la Déontologie et de l’Information (cf article) Il milite donc pour la déontologie. Affirmer que ce n’est qu’un discours revient à ne rien faire.

 

Des pistes de solution

Se rendre compte qu’il y a un problème est une chose. Proposer des solutions en est une autre. Des idées, tout le monde en a, mais il est difficile de se mettre d’accord. Pour certains, il faut réactualiser la charte des journalistes. Présent dans l’assistance, Patrick Appel-Muller, directeur de la rédaction de l’Humanité craint que le débat autour d’une charte de la déontologie « ne soit qu’un voile de vertu qui masquerait un océan de contradictions lourdes. » Selon lui, la question du pluralisme est occultée par la profession: les lignes éditoriales des journaux doivent être affirmées.
Pour François Malye, il faut commencer par s’entendre, car « ce n’est pas que notre petit nombril qui est concerné ! », ce que confirme Yves Agnès. Selon lui il est primordial de dépasser nos divisions afin de répondre à la demande pressante du public « nous devons associer à notre indépendance totale la notion de responsabilité a l’égard du public, notre premier employeur ».

Anne-Laure Tricot

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