L’élitisme de la profession, la faute à qui ?

3 Oct

 

Les élites ont le leadership de la production l’information. C’est le premier constat fait lors de la conférence sur l’ouverture du journalisme à de nouveaux profils. La France est le pays où le profil des professionnels de l’information est le plus homogène : le passage par une école de journalisme “reconnue”, un milieu social favorisé, une culture commune. Il semble difficile pour des jeunes issus de milieux plus modestes à se faire une place aux côtés de celle des élites.

L’école de journalisme, une étape incontournable?

Les écoles sont souvent une étape essentielle à l’insertion professionnelle. Elles donnent des connaissances pratiques aux étudiants, transmettent les codes et les usages du journalisme, proposent des stages, quitte à les formater. Les entreprises de presse sont familiers des profils d’étudiants qu’ils vont recevoir en stage puis employer. Une journaliste du quotidien Ouest France confirme le manque de variété des profils dans sa rédaction « il n’y a pas tellement de profils atypiques ». Mais ce n’est le recrutement qui est dénoncé par son manque de mixité sociale. Les entreprise de presse renvoient plutôt la faute aux écoles. Durant le débat, la question de la formation semble être problématique. L’aspect pécunier pose question, 4 des 16 écoles reconnues sont payantes. On doit débourser à peu près 3 500€ par an en moyenne pour recevoir une formation reconnue. Ces écoles ne sont pas une option envisageable par les jeunes qui ne disposent pas de telles sommes. « Pourtant nous avons des boursiers » explique une professeur d’une école privée reconnue . Mais faut-il rappeler qu’avec 250€ de bourse par mois il est difficile de payer une école et aussi de venir faire ses études dans la capitale ? Il n’est pas rare non plus de voir ces mêmes jeunes se diriger vers des écoles gratuites et contracter quand même un prêt étudiant.

Une culture élitiste

Chaque école de journalisme intègre dans son concours une épreuve écrite de culture générale. Ces premières épreuves constituent une première sélection avant les entretiens oraux. Mais lorsque les questions s’adressent à des étudiants qui ont été nourris à la musique classique et qui ont reçu « la culture de l’école » (cf Bourdieu), cela laisse peu de place à des candidats “issus de la diversité”. «J’ai vu une école qui demandait : “Othello, Mozart ou Verdi: rayer la mauvaise réponse”, comment voulez-vous que ces jeunes puissent répondre à cette question ? » dénonce Dominique Gerbaud, initiateur du projet Médias&diversité. Le défi est alors de valoriser différentes formes de culture dans ces concours.

De nouvelles formations ouvertes aux questions de mixité

Prépa du Bondy Blog, « Le Monde Académie », la Classe Prépa Egalité des chances mais aussi les cursus d’apprentissage de Radio France et de TF1 cherchent à être une alternative aux grandes écoles reconnues. Ils privilégient la mixité sociale dans leur recrutement. Une forme de discrimination positive qui constitue une vraie chance pour ces jeunes. Malgré tout, les intervenants du débat s’accordent tous à dire qu’à l’arrivée les médias cantonnent ces profils à des sujets spécifiques. Un jeune de banlieue sera toujours privilégié pour couvrir des sujets portant sur la banlieue.

Hortense Reberat

 

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