Le laboratoire des projets analyse les médias co-productifs

3 Oct

Pour lancer les débats de l’après-midi d’hier, l’Université Populaire pour une Information Citoyenne (UPIC) s’est réunie en jury scientifique afin de disséquer des projets de médias participatifs. Cette session, intitulée Le Labo des projets, vise à élire le projet médiatique  qui répondra au mieux aux attentes des citoyens.

Une annonce d’UPIC a été publiée au préalable sur le site participatif Mediapart. Les candidats devaient proposer un descriptif de leur projet de média social. Un comité s’est ensuite réuni pour choisir les 4 projets  les plus pertinents pour assister aux Assises et promouvoir leur média participatif. Le défi à relever est à la fois de proposer un média qui cultive la proximité avec les citoyen ,qui laisse une place à l’interaction et fournisse une information fiable.

Hier, quatre  projets médiatiques ont donc été examinés par un jury de journalistes professionnels. InSiders propose un média communautaire présenté sous forme de réseau social où chacun peut s’improviser journaliste.  102H  est un « hebdo-enquête » où  le processus d’investigation est visible à chaque étape (sourcing, entretiens, analyses…). Esprit2Babel  est un webjournal culturel fondé sur le journalisme amateur et Frituremag propose un projet de  bi-média engagé sur les questions d’écologie et ouvert au feedback.

 

Un débat sur les médias sociaux sans citoyens !

Malgré un enjeu clair, celui d’impliquer le public dans un esprit de co-production de l’information, celui-ci est absent des débats. Aucune association citoyenne n’est présente au sein du jury pour se faire le porte-parole du public. On comprend mieux alors pourquoi aucun projet ne semble retenir l’attention du jury. Même si les projet présentés ont relevé le défi lancé par le laboratoire, aucun ne semble trouver grâce à leurs yeux : Viabilité économique fragile, manque de professionnalisme, les critiques pleuvent… A l’instar du porteur du projet Esprit2Babel, néophyte en matière de vocabulaire journalistique, qui se voit reformuler 4 fois la question « Mais quel est le lectorat visé ? ». A croire que lorsque l’on est amateur, on ne peut rien apporter à la profession.

Le labo des projets, conçu  comme un tremplin  pour l’innovation, ne laisse finalement que peu de chances aux porteurs de projets de se défendre. Il semble que la maîtrise des codes et usages de la profession soit indispensable si l’on veut pouvoir être entendu. Alors que le succès des Assises témoigne de l’intérêt porté à la profession, on ne peut qu’être surpris voire choqué par le manque d’ouverture  dont on fait preuve les journalistes, membres du jury. Reste à espérer qu’ils tiendront demain leur promesse et accorderont à l’un de ces projets le soutien et l’accompagnement dont les promoteurs de ces projets semblent tant avoir besoin !

Hortense Reberat


NB:
Le lauréat a été divulgué aujourd’hui lors de la soirée des Assises. C’est le site 102H qui a finalement été jugé le plus pertinent dans sa recherche de proximité vis-à-vis du lecteur.

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