Les couacs de la carte de Presse

2 Oct
La carte de presse est un « sésame » pour qui veut être journaliste en France aujourd’hui. Cette exception française, instituée en 1935 n’avait pas jusqu’alors été réévaluée. Les Assises se devaient de corriger le tir.
Les oubliés de la carte de Presse
Depuis 1935, les conditions d’exercice ont profondément évoluées. Précarité, nouveaux métiers, nouveaux supports… exercer le métier de journaliste tout en n’obtenant pas le précieux sésame ! Aujourd’hui c’est possible. Ce sont les oubliés de la carte de presse. Parmi eux, les journalistes pigistes qui luttent au quotidien. Raphaël Baldos, journaliste pigiste et administrateur de profession pigiste, plaide pour une redéfinition du métier de journaliste : « Si vous n’avez pas la carte, un employeur vous paiera par droit d’auteur plutôt qu’en salaire …Même si on le veut, on ne peut pas refuser trop longtemps : il faut manger ! ». En France, pour obtenir la carte de presse, il faut que plus de 50% de son revenu provienne d’une entreprise de presse.
Les journalistes qui sont rémunérés à l’étranger sont confrontés eux aussi à un refus catégorique d’être reconnus par la commission de la carte de presse. Et sans compter les journalistes des « boîtes de prod » qui pâtissent du statut de leur entreprise.
Des présidents frileux
Les réalités du métier ont changé, les modalités d’obtention de la carte de presse doivent évoluer. Eric Marquis, ancien président de la commission de la carte confirme : « Il y a une grille de qualification pour les différents métiers. On a de plus en plus de qualifications qui manquent dans ces grilles ». Les  « présidents » des différentes commissions, comme ils se sont eux même nommés lors du débat, semblent très frileux quand il s’agit de penser une nouvelle définition du métier de journaliste. « Il y a beaucoup de risques à toucher à la définition de la profession, nous sommes réticents à les prendre » affirme Eric Marquis. Au fur et à mesure de l’atelier, les revendications des intervenants et du public, des journalistes « sans carte de presse » pour l’essentiel, se font plus incisives et les membres de la CCIJP de plus en plus pessimistes.
Au-delà de la carte de presse : un observatoire de la déontologie
Quitte à débattre de la carte de presse, pourquoi ne pas lui associer un volet déontologique ? Plusieurs pistes sont proposées : création d’un conseil de presse qui jugerait les journalistes sur la qualité de leur production ou mise en place d’ un observatoire des métiers. Jérome Bouvier, fondateur des Assises s’invite dans le débat en proposant  d’« insérer une charte d’adhésion aux valeurs du journalisme dans les dossiers pour l’obtention ou le renouvellement de la carte de Presse».  Pour Jacques Morandat, un observatoire de la déontologie va forcément exister mais pour lui, « si il est seulement aux mains des syndicats, du patronat et des salariés, cet observatoire est condamné. Il faut absolument que le public, nos lecteurs, nos clients en fassent partie ».
La déontologie est le marronnier des Assises pour qui en est un habitué. Il semble que l’édition 2012, soit celle du passage à l’action. Alors qu’est présenté aujourd’hui officiellement l’Observatoire de la Déontologie (voir l’article d’ Anne –Laure Tricot), le SNJ , principal syndicat de la profession, annonce, quant à lui qu’il crée son propre observatoire.
Joséphine Thomas

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