Datajournalisme, un journalisme à part entière ?

2 Oct
Le journaliste se doit de transmettre une information qui puisse être immédiatement compréhensible et accessible par tous. Les nouveaux médias web jugent essentiel de mettre en forme le contenu informationnel par  des éléments visuels. Ainsi est né le datajournalisme. Le journaliste a pour fonction d’agréger, regrouper, mettre en forme et analyser un ensemble de données portant sur un même sujet. Ses outils : la visualisation d’information par le design et le graphisme. Ces éléments constituent une véritable valeur ajoutée pour les sites, ils attirent l’œil du lecteur et augmente la durée de sa visite sur la page web.
Constat confirmé par une enquête réalisée par les étudiants de l’IJBA. Dans le cadre d’un module intitulé datajournalisme lab, les étudiants en journalisme et  des designers  ont été réunis pour créer une plate-forme de data journalisme. Dès la mise en ligne des premiers sujets, les étudiants ont réalisé que les internautes se dirigeaient exclusivement sur les données « animées ».
 « Rendre sexy » l’information
Durant le débat, le qualificatif « sexy » a régulièrement été utilisé pour désigner l’information de données. Il faudrait attirer le lecteur par le graphisme, le design, le visuel quitte à sacrifier l’information ? Des outils jusqu’alors utilisés par les communicants envahissent la sphère journalistique. Les datajournalistes ne se contentent pas de penser l’information, ils pensent avant tout (et surtout ?) à la forme qu’elle va prendre : couleur, dessins, animations, et franchissent alors la ligne jaune qui séparait il y a peu de temps encore le journalisme et la communication.
Le Datajournalisme ou la confusion des genres
Cette nouvelle pratique ne semble pas être le pré carré des journalistes professionnels. Au cœur des rédactions web,  il n’est pas rare de voir travailler aux côtés des journalistes, des designers. Agréger des données, les recouper  puis  les mettre en forme, est à la portée des designers et des développeurs. Johan Hufnagel, rédacteur en chef de Slate.fr confirme qu’il a intégré pas moins de deux graphistes à sa rédaction. « Ils ont une très bonne connaissance des outils qu’ils utilisent. Généralement, ce sont eux qui écrivent les articles techno » explique-t-il.
Après le bloggeur, une nouvelle figure professionnelle vient concurrencer les journalistes. A quand une carte de presse pour les designers ?
Hortense Reberat

2 Responses to “Datajournalisme, un journalisme à part entière ?”

  1. Alexandre Léchenet October 3, 2012 at 12:26 pm #

    Bonjour Hortense,
    Il me semble que ce texte comporte plusieurs imprécisions, et plusieurs erreurs de jugement. Premièrement, concernant la “ligne jaune” entre communication et journalisme qui serait franchie par le data-journalisme me pousse à m’étonner du format que vous avez choisi. Le texte n’est-il pas lui aussi utilisé par les communicants ? Ne franchissez-vous pas à votre tour cette “ligne jaune” en réutilisant ce format ?

    Le data-journalisme sert l’information avec les formats dont il dispose, de la même manière que la télévision, la photographie ou la bande-dessinée de reportage, par exemple. La forme ne doit pas primer sur l’information.

    Et pour finir, Johan Hufnagel, rédacteur en chef de Slate signalait qu’il y avait des développeurs au sein de la rédaction, et non des graphistes comme vous le signalez.

    Et je ne saurais que dire sur la comparaison entre designer et blogueur qui me semble sortir de nulle part.

    • assisesjournalisme2012 October 3, 2012 at 1:59 pm #

      Bonjour Alexandre,
      merci d’avoir commenté mon article. il est toujours intéressant d’approfondir un débat. Pour ma part, je ne pense pas avoir franchi la ligne jaune en utilisant le format blog pour publier cet article. Si utiliser le texte fait de nous des communicants, alors dans ce cas tout le monde est un communicant (médecin, avocat, secrétaire…).
      Je suis d’accord avec vous sur le fait que le data-journalisme sert l’information. Mais je reproche l’utilisation du terme data-journalisme (l’association des termes Data et Journalisme) alors que cet outil, aujourd’hui, est utilisé dans des branches autres que le journalisme: lobbying, institutions, ONG…
      Je reproche au data-journalisme l’utilisation qui en est faite par les journalistes, qui utilise le graphisme et la visualisation pour rendre “sexy” une information, d’où ma comparaison entre designer et blogueur, qui sont des non-professionnels de l’information, et qui pourtant jouent un rôle de plus en plus important dans la transmission de cette information.

      Hortense Reberat

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