Information de proximité : une indépendance en péril

4 Oct

Pour clore les débats sur la déontologie, les Assises proposaient jeudi un atelier pratique intitulé « Info de proximité et liberté ». L’objectif de ce débat portait sur les moyens de libérer les médias locaux de l’emprise des annonceurs et des politiques. En effet, les moyens financiers de cette presse régionale sont très limités en comparaison à ceux de la presse nationale. Par exemple, « Rue89 Strasbourg est dépendant à 85% des revenus publicitaires » reconnait Pierre France, fondateur de ce site local d’information

Quant à Gwenaëlle Guerlavais, elle a travaillé à La Croix pendant plusieurs années avant de  quitter le quotidien pour diriger la rédaction d’un quotidien du Languedoc-Roussillon. A son arrivée, elle a été choquée de l’absence d’indépendance de la presse locale qui ne vit que par la publicité. « On m’a dit un jour « Madame la rédac chef, n’oubliez pas que votre bulletin de salaire est payé grâce aux pubs qu’on vous amène ! » » La journaliste a donc décidé de créer son propre journal,” Jeudi tout”.

La dépendance économique, un frein à l’indépendance

L’indépendance est un idéal, mais il faut d’abord en faire une pratique. Pour Ivan Drapeau, rédacteur en chef-adjoint de La Charente Libre, il faut être capable de se tenir à distance le plus possible de ses annonceurs. Pour cela, Pierre France explique que pour son site il essaye de démarcher le plus d’annonceurs possible afin de ne pas avoir à subir de pressions.

Tous les intervenants semblent être d’accord, ce qui freine l’indépendance de la presse locale c’est l’économie. La dépendance que ressent face à sa hiérarchie d’un journaliste s’explique par la précarité. Il a besoin d’être payé à la fin du mois, et pour cela il doit parfois (voir souvent) traiter de sujets qui ne l’intéressent pas mais qui lui ont été imposés.

Mais une autre pression porte atteinte a l’indépendance de l’information de proximité, c’est la pression politique. Une grande majorité des subventions versées aux organes de presses locaux proviennent d’administrations et institutions telles que les collectivités territoriales… La pression que les politiques imposent aux journaux leur semblent donc légitime puisqu’ils « payent » : « on vous donne de l’argent, vous nous donnez du contenu. » Pour Gwenaëlle Guerlavais, l’indépendance politique « est une question d’attitude, il faut bien se positionner dès le début »

La concentration de médias, une solution miracle ?

Pour certains, lutter pour plus d’indépendance dans la presse locale est possible si l’on décide de rassembler certains organes de presse d’une même région entre eux, comme La Nouvelle-République et Centre Presse. Associés, les moyens financiers sont plus conséquents ce qui permet une plus grande liberté, et diminue la pression économique. Mais comme le souligne un journaliste présent dans l’assistance, « si la concentration donnait naissance a un plus grand souci de qualité, ca serait bien, mais c’est tout l’inverse». La mutualisation est faite au nom de l’économie et non du lecteur.

En conclusion, l’indépendance de la presse locale ne sera possible que si une indépendance économique s’établit. Une fois cette indépendance obtenue, l’indépendance hiérarchique suivra, ce qui permettra une plus grande liberté d’action et de ton. Pierre France nous met toutefois en garde, il faut faire attention à ne pas « utiliser l’indépendance comme un drapeau et s’affranchir des mesures économiques parce qu’on est journaliste ».

Anne-Laure Tricot

La Grèce, une zone de conflit pour les journalistes

4 Oct

« Travailler en Grèce, c’est comme travailler dans une zone de conflit », explique Angélique Kourounis, correspondante de Radio France à Athènes. Le débat qui s’est engagé au Café Info se distingue de ceux qui s’y déroulent en parallèle aux Assises. On ne parle pas de formation, de déontologie, de l’évolution des supports mais des violences que subissent les journalistes en Grèce.

Aux côtés d’Angélique Kourounis, Marios Lolos, président de l’Association des photoreporters de Grèce, commence la conférence par la projection de photos qui temoignent des violences subies par les journalistes. Il commente : « Ici c’est une journaliste qui vient de recevoir une gifle par les forces anti-émeute », « Là, c’est un autre journaliste qui s’est pris un cocktail Molotov ». Défilent ainsi une vingtaine de photos où les victimes sont les journalistes malmenés par les policiers. Angélique Kourounis tient à insister : « Ce sont des photos prises dans un pays d’Europe, près de chez nous : la Grèce ». Ces violences sont méconnues des confrères français. En venant aux Assises, l’objectif d’Angélique Kourounis et Marios Lolos était de faire connaitre cette situation. « J’ai proposé un article sur les médias grecques et leur difficulté à l’Express pour qui je travaille. Réponse de la rédaction : on ne va pas faire un article sur les journalistes par des journalistes. Pourtant, ce n’est pas la crémière qui va parler de notre situation » ironise la reporter de Radio France. Les Assises sont alors une première tribune lui permettant d’exposer ses difficultés voire d’obtenir des soutien.

Le travail du journaliste mis à mal

Angélique Kourounis débute la conférence en racontant l’histoire de Marios Lolos. « Marios a subi une très lourde opération. Alors qu’il était à une manifestation, entouré par ces collègues journalistes, deux policiers des forces anti-émeute l’ont frappé à plusieurs reprises à coups de matraque- côté métal-sur le crâne. Sa tête a été enfoncée d’un centimètre. Il a réussi à s’en sortir après une longue opération et deux plaques de métal et des vis dans le crâne » explique-elle. Son histoire est loin de constituer une exception. Depuis 2011, ces scènes se répètent. Les journalistes sont ouvertement visés par les policiers. Pour se défendre, des représentants du milieu journalistique ont rencontré l’ancien Ministre de l’ordre public George Voulgarikis. Conscient de la situation, il avait cependant suggéré que les journalistes se munissent de gilets fluo avec écrit « Press ». « Au Kosovo, en Yougoslavie, en Tchétchénie, j’ai mis ces gilets jaunes. Mais c’était pour couvrir un conflit. Si on nous demande de mettre des gilets, c’est que la Grèce est en guerre », en conclut Angélique Kourounis.

Pour se défendre, Marios Lolos a choisi de mener différentes actions. Tout d’abord, il s’est associé à Reporters sans Frontières pour publier un rapport sur la presse grecque. Il a ensuite organisé différentes expositions de photos prises lors des manifestations et où l’on voit des journalistes être pris à parti par les policiers. Le Président de l’Association des photoreporters en Grèce a aussi demandé aux journalistes de prendre différentes mesures de protection. Dans un premier temps, aucun journaliste ne couvre seul une manifestation. Lorsqu’un confrère est agressé physiquement, le journaliste doit prendre une photo pour prouver de l’agression. Ils déposent ensuite systématiquement une plainte au bureau de police. « Le problème, c’est que cela ne mène à rien. Les procès sont expéditifs. Tout est corrompu en Grèce même la Justice. Mais cela ne veut pas dire qu’on va se laisser marcher sur les pieds », ajoute Marios Lolos

A cette situation catastrophique de la liberté de la presse, s’ajoutent des difficultés économiques de plus en plus importantes pour les journalistes grecques. 60% des professionnels de l’information sont au chômage. Parmi eux, plusieurs journalistes continuent de travailler sans pour autant être payer. Ils travaillent pour un « plat de lentille » (expression grecque), pour avoir parfois le droit à une couverture maladie. « Les européens ont une image faussée de la Grèce. Malgré les oliviers et le soleil, c’est loin d’être paradisiaque», conclue Angélique Kouroumis.

Hortense Reberat

Experts et journalistes : l’impossible équation ?

4 Oct

L’expert, où le missi dominici de l’analyse scientifique. Qu’ils soient économistes, climatologues ou même profiler, les experts se sont progressivement intégrés au paysage médiatique français. Mais une question subsiste alors face à l’omniprésence de ces nouveaux acteurs, la présence de l’expert remplace-t-elle le travail d’enquête du journaliste ?

Des experts devenus les boites à outils des journalistes.

Quand on parle des experts dans les médias, la première image qui vient à l’esprit est celle de l’économiste chevronné qui explique en un claquement de doigts les rouages de l’économie et peut-être la solution miracle pour régler le déficit, ou en terminer avec le problème avec la crise de la dette. Mais le problème n’est pas là. Après tout, l’expert est un observateur de l’actualité comme les autres avec une compétence particulière. Aussi est-il en droit de répondre aux questions que le journaliste lui pose. Le fait est que l’expert est passé de la position d’observateur privilégié à celui d’outil pour le journaliste dans la quête de compréhension de l’information. «  La légitimité de l’expert est celle donnée par le journaliste », constate Hubert Kempf, représentant de l’Association Française de Sciences Economiques.  Des crises de plus en plus complexes, de plus en plus longues, et la plus-value de la présence de l’expert n’a de cesse d’augmenter.  «  Quand je suis invité par un média, ce n’est pas tellement ce que je dis qui est recherché, mais ma posture d’autorité » expose Xavier Timbeau, directeur du département analyses et prévisions de l’OFCE (Observatoire français des conjonctures économiques).

Expertise des uns contre légitimité des autres.

« Dès que l’on passe sur C dans l’air (France5), on est considéré comme un expert », ironise Laurent Mauduit, journaliste à Mediapart qui souligne aussi le manque de pluralité au sein des invités scientifiques. L’argument de la validation scientifique de l’expertise avancé par Laurent Mauduit est certes valable, mais pour autant les universitaires sont-ils les seuls à pouvoir s’exprimer sur les sujets complexes ? «  Il n’y a pas de relation obligatoire entre la valeur de la qualification et celle du discours » répond Xavier Timbeau qui ajoute qu’Einstein n’a pas eu besoin de l’université pour faire avancer la physique.  Les grands perdants de l’apparition des experts sur les différents supports médiatiques sont donc les journalistes spécialisés. Ceux-ci sont contraints à l’exigence de rapidité de diffusion de l’information face à des universitaires qui disposent d’un temps de recherche très long.  « Nous avons là un conflit de temporalité », détaille Hubert Kempf. D’autant plus qu’actuellement, les diplômes semblent prendre le pas sur la valeur des enquêtes menées par les journalistes. Cela étant, les journalistes ne combattent pas avec les mêmes armes : étude approfondie pour certains, culture du terrain pour d’autres. Reste à accorder ces deux compétences, pour un but commun : une information la plus complète possible.

Jalal Kahlioui

Jeunes et les médias : un jeu de je t’aime, moi non plus.

4 Oct

Les jeunes sont souvent stigmatisés par la presse. « On les cantonne souvent à des sujets lorsque l’on parle d’eux : les jeunes et la sexualité, les jeunes et la drogue, etc… » précise Eric Valmir, journaliste à France Inter. Peu présents lorsqu’il s’agit d’autres questions de société, de politique ou d’économie, les jeunes se sentent mis à l’écart par le monde médiatique. Ils entretiennent une relation d’amour-haine avec la presse. Cela se traduit avant tout en termes de lectorat. « Regardons le lectorat de l’Humanité, 60 ans. Celui de Libé : 50 ans », pointe du doigt Patrick Apel-Muller, rédacteur en chef de l’Humanité. Le lectorat vieillit et il est difficile d’intéresser les jeunes à la presse.

Partant de ce constat, plusieurs journalistes ont décidé de mener différents projets pour donner la parole à ces jeunes délaissés par le traitement médiatique. Eric Valmir a mis en place un projet d’émission politique durant l’élection présidentielle sur France Inter : « Les jeunes dans la présidentielle ». « J’ai cherché 30 jeunes avec différents profils. Je suis allé à la fois a Pôle Emploi, au Secours Populaire, en passant par les réseaux sociaux pour les trouver. Le but : avoir des jeunes venant de différents horizons, qui s’appellent à la fois Abdel ou Jean, et qui sachent parler au nom des jeunes » explique Eric Valmir. Pendant plusieurs semaines, par groupes de trois, ils interviewaient des politiques mais aussi des personnalités de la société civile sans pour autant se prendre pour un journaliste. « Le risque était de faire à la manière de… » intervient Alexandre, participant au projet. « Il fallait que ce soit nos questions, celles que l’on se pose nous les jeunes mais qu’aucun journaliste ne prend la peine de poser à notre place ». Cette expérience a eu un réel succès d’audience à France Inter.

Les limites de ces projets

A l’instar du Bondy Blog ou du Libre-échange dans l’Humanité qui choisissent d’associer les jeunes à leur traitement éditorial, différentes pistes ont été creusées pour faire participer les jeunes à la vie médiatique sans pour autant leur donner des codes ou les formater. Cependant, ces projets coûtent cher. Déplacements et investissements matériel auxquels s’ajoutent aux frais de la rédaction. « Pendant l’expérience avec les jeunes, durant la présidentielle, je me transformais surtout en régisseur de taxi. J’appelais une dizaine de taxis pour qu’ils aillent chercher les jeunes » ironise Eric Valmir

Les rédactions à l’initiative des projets doivent également donner plus de temps à ces jeunes qui ne connaissent pas la méthodologie journalistique pour que puisse naitre les émissions ou reportages. « Pour nous, la méthodologie, c’est le temps », explique Edouard Zambeaux du Bondy Blog. Mais c’est bien connu, le temps c’est aussi de l’argent, surtout dans le journalisme.
Malgré tout, ces projets redorent parfois l’image de médias vieillissants. Ils offrent aux jeunes la possibilité de se faire une autre opinion des médias. Les éditeurs l’ont bien compris et cherchent à multiplier les projets. Quitte parfois à se servir de ce créneau comme d’une opportunité.

Hortense Reberat

Election présidentielle : la genèse de nouvelles pratiques médiatiques

4 Oct

La première année électorale avec internet, c’était en 2002. Depuis nous avons eu la naissance des blogs en 2003-2004, avec leur essor pour les élections de 2007.
2012 est quant à elle l’année électorale des réseaux sociaux. C’est la thèse de Thierry Vedel, chercheur au CNRS- Centre de recherche politiques Science Po, approuvée par tous.

Les médias de la présidentielle 2012

 

Twitter et Facebook ont indéniablement rythmé la campagne  électorale de cette année. Ils ont contribué à l’information continue dont les accros a l’info s’abreuvent sans discontinuer.  « Les meetings politiques étaient tous retransmis en direct à la télévision, c’est une première. En 2007, seuls les plus grands meetings pouvaient être vus à la télé », ajoute Raphaëlle Bacqué, journaliste au Monde.
Si le tweet a fait partie intégrante de la campagne, « il faut tout de même se demander si l’outil modifie la nature du message », selon Thierry Vedel. Il poursuit : « Qui est touché par le contenu du message ? Qui y participe ? ».

Une nouvelle forme de journalisme : le fact-checking

Le fact-checking, c’est le fait de vérifier le plus rapidement possible les paroles des politiques et autres acteurs de l’actualité. Le terme est nouveau mais pour Cédric Mathiot, journaliste à Libération « ce qui est innovant ce n’est pas de vérifier l’information mais que l’objet du travail est exclusivement le factuel ». Les entreprises de presse ouvrent de plus en plus de « cellules de vérification ». Durant la campagne électorale elles étaient de mise pendant les débats : les politiques pouvaient être interpellés sur leurs propos  quelques minutes après les avoir dit. L’AFP, s’y met aussi : « Nous voulons mettre en place ce type de cellules dans nos bureaux à l’étrangers », affirme Bernard Pellegrin, directeur adjoint de l’information. Pour Raphaëlle Bacqué, le public veut savoir si le politique lui ment ou pas mais « il y a une limite : le pouvoir ne dit pas tout ». Limite sur le temps aussi pour Cédric Mathiot : « On ne peut pas vérifier en une minute. Il faut aussi prendre le temps de se demander se que la personne a voulu dire. Il faut connaître le contexte. »

Le débat se conclue sur la présence d’un fossé qu’il est difficile à franchir pour les journalistes. Les nouvelles techniques rendent la transmission de l’information quasi immédiate mais ces informations ne touchent pas toutes la société. «Nous n’avons pas la possibilité d’obtenir toute les revendications de la société. Il faudrait aller chercher physiquement les personnes qui ne s’intéressent pas à l’actualité et à la politique», déplore Raphaëlle Bacqué.

Joséphine Thomas

Education aux médias : une urgence

4 Oct

Il y avait peu de journalistes pour ce dernier débat des Assises 2012. Face à cette absence, un membre de l’association Les Pieds dans le PAF demandera à l’assistance : « Nous sommes tous convaincus de la nécessité de l’éducation aux médias, mais les journalistes et les entreprises médiatiques ont-elles envie de former les citoyens ? »

Une volonté d’action

Pour les différentes associations (CLemi, Céméa, Jet d’encre…), tout le monde est d’accord, il faut maintenant passer a l’acte. L’association Les Pieds dans le PAF précise cinq points pour s’engager dans une démarche de co-construction  :

– La systématisation d’un parcours, d’un consensus ou d’un dispositif d’éducation aux médias jusqu’au lycée.
– Le développement de la formation des parents, des professeurs et des écoles de journalisme sur cette question.
– La création d’une instance nationale qui porterait ce projet.- La création de plateformes pour que les jeunes puissent s’exprimer et s’informer. Par exemple, la mise en place d’un studio média dans les établissements scolaires.

– L’implication des éditeurs et autres acteurs médiatiques dans ce dispositif éducatif.

Un état des lieux pessimiste

Associations, lycées, collèges et écoles primaires mènent déjà des actions pour éduquer les jeunes aux médias. Journaux dans les collèges, opérations dans les écoles primaires pour initier les enfants à la télévision et autres actions se tiennent occasionnellement et de manière isolée depuis la création du terme « éducation aux médias » il y a trente ans.  Le gouvernement y met du sien : « un rapport sera rendu le 5 octobre sur cette question, nous avons créé des groupes de travail relatifs au numérique » assure Gilles Braun, conseiller en charge du numérique éducatif, de l’innovation et de l’expérimentation au ministère de l’Education Nationale. Pas de révolution non plus, le conseiller est ferme : « il n’y aura pas de cours spécifiques intégrés dans le programme et les professeurs ne seront pas formés sur cette question ».

Joséphine Thomas

Collégiens et lycéens, une vision partielle du journalisme

4 Oct

Une centaine d’élèves du secondaire se sont retrouvés mercredi après midi dans le théâtre lors d’une Rencontre des journaux des collégiens et lycéens de Poitou-Charentes. Ces collégiens et lycéens ont la chance d’appartenir à des établissements qui publient un journal écrit par ses élèves. On les appelle « journalistes jeune ».  L’évènement était organisé par l’association Jets d’encre (Association nationale pour la promotion et la défense de la presse d’initiative jeune), le CLEMI (Centre de Liaison de l’Enseignement et des Médias d’Information) et les Assises.

Les adolescents ont  échangé sur la vision qu’ils portent sur la Presse qui leur est destinée, à laquelle ils participent, le « journalisme jeune ». Quelles sont leurs droits, mission, limites ? Pour lancer le débat, des questions ont été projetées sur un écran, une trentaine d’élèves postés sur la scène devaient choisir parmi quatre réponses possibles :

  • Cela fait partie des rôles du journalisme jeune et c’est réalisable facilement.
  • C’est peut-être une bonne idée mais c’est compliqué à mettre en place.
  • C’est possible mais ça n’apporte pas d’intérêt au journal.
  • C’est une mauvaise idée et je ne conçois pas le journalisme ainsi

“Quel est le rôle du journaliste” : est-il un porte parole de son public ? Les réponses divergent. Si pour une dizaine d’entre eux c’est son rôle, ils sont quelques uns à estimer que son rôle est surtout d’informer.

“Le journal doit il parler de tout ?” Ils ne sont que deux à le penser. Une vingtaine d’élèves sont plus modérés. Même si le journal se doit de parler de tout, ce n’est pas simple à réaliser : manque de place, angle à trouver…

Charte des journalistes jeunes

 

Au fur et à mesure que ces jeunes élèves prennent la parole, un constat s’opère : ils ne connaissent pas assez les règles du journalisme jeune, ses devoirs et interdiction, précisées dans la « Charte des journalistes jeune ». Plus effrayant, ces adolescents s’autocensurent déjà. « Quand il se passe quelque chose de négatif au collège, on n’en parle pas toujours pour ne pas fâcher le chef d’établissement. »

Comme le souligne Naïké Desquennes journaliste indépendante et intervenante lors de l’évènement, « ce n’est pas parce qu’un prof ou un adulte vous dit de vous arrêter qu’il faut le faire, vérifiez d’abord si vous enfreignez réellement une règle. Le journal de votre établissement c’est l’occasion de laisser libre cours à votre créativité.»

Anne-Laure Tricot

 

 

 

 

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